
À l’occasion du 130e anniversaire de la bataille de Kiidiga, célébré ce dimanche 18 octobre 2026, les autorités gouvernementales, les chefs coutumiers et les populations se sont mobilisés pour rendre hommage aux combattants tombés face à la conquête coloniale française. Représentant le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, le ministre de la Communication, Pegdwinde Gilbert Ouédraogo, a livré le discours du chef du Gouvernement, marqué par un appel à la réappropriation de l’histoire nationale et à la valorisation du patrimoine mémoriel burkinabè.

Kiidiga, 18 octobre 2026 (Cercleinfo.net) – Le site historique de Kiidiga a servi de cadre, ce dimanche 18 octobre 2026, à la commémoration du 130e anniversaire de la bataille de Kiidiga. Cette cérémonie mémorielle a connu la présence du ministre de l’Enseignement de Secondaire et de la Formation Professionnelle et Technique, le Pr Moumouni Zoungrana, ainsi que des autorités Régionales, coutumières, Militaire, Para-MILITAIRE et d’une population fortement mobilisée pour honorer la mémoire des héros de la résistance anticoloniale.

À cette occasion, le ministre de la Communication, Pegdwinde Gilbert Ouédraogo, représentant le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a livré le discours de ce dernier. Dans son intervention, il a souligné la portée historique et patriotique de cette commémoration, présentée comme un moment de réappropriation de la mémoire collective et de reconnaissance des sacrifices consentis par les ancêtres pour défendre leur souveraineté.

Remontant au 18 octobre 1896, le discours a rappelé les affrontements survenus à Kiidiga, sur les rives du Nakambé, entre les combattants du Riungu de Boussouma et les forces de la conquête coloniale française conduites par les lieutenants Paul Voulet et Julien Chanoine. Sous l’autorité du Dîma Naaba Koom, en alliance avec le Mogho Naaba Wobgo de Ouagadougou, les résistants ont opposé une farouche opposition à l’entreprise de domination coloniale.


Malgré l’infériorité de leur armement, les guerriers africains ont fait preuve de courage et de détermination face aux forces d’invasion. Le site de Kiidiga, dont le nom est associé en langue mooré à un lieu marqué par de nombreuses pertes humaines, demeure ainsi un symbole de résistance et de refus de la soumission.


La commémoration intervient dans un contexte de valorisation du patrimoine historique national. Une mission d’inventaire scientifique et patrimonial, conduite du 27 juillet au 3 août 2026 par les équipes techniques du ministère en charge de la Culture, en collaboration avec l’Association Académie Royale Kéoogo de Boussouma, les autorités coutumières et des enseignants-chercheurs, a permis de mettre en évidence un ensemble mémoriel lié à la résistance de Boussouma.

Selon les éléments présentés dans le discours, cet ensemble comprend quinze sites majeurs répartis dans neuf localités. Parmi les lieux et figures évoqués figurent le champ de bataille de Baad-noogo, la grotte de Silmidougou, Gnoudou, Rassablaga, le héros de Birigui, ainsi que les sites de Pousmiougou à Louda et de Wayugya, associés aux épisodes marquants de cette résistance.
Ces travaux visent à mieux documenter les événements historiques, à préserver les lieux de mémoire et à transmettre aux générations futures l’histoire des luttes menées par les populations contre la domination coloniale.
Dans le discours du Premier ministre, la commémoration de Kiidiga a également été présentée comme un acte de réappropriation de l’histoire nationale et de décolonisation des esprits. Il s’agit, selon le message délivré, de redonner aux héros de la résistance la place qui leur revient dans la mémoire collective et de faire de leur engagement une source d’inspiration pour les générations actuelles.
Le parallèle a notamment été établi entre les combattants de Kiidiga et les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui participent aujourd’hui à la défense du territoire national. La valorisation de ce patrimoine mémoriel a ainsi été présentée comme un moyen de renforcer le patriotisme, la cohésion sociale et l’engagement en faveur de la Patrie.

Moment fort de cette commémoration, le dévoilement de la plaque commémorative sur le site de Kiidiga, ainsi que l’inscription du site et de ses lieux associés dans l’inventaire national du patrimoine culturel, traduisent la volonté de préserver durablement la mémoire de ces événements.
Le discours a également invité les populations à prendre part à la projection du film documentaire « Kiidiga, le cri des 333 collines », prévue ce dimanche 18 octobre 2026 à partir de 19 heures au Centre culturel du Faso, sous le haut patronage du Premier ministre.

La présence des chefs coutumiers, des dignitaires religieux et de nombreuses populations a témoigné de l’importance accordée à cette journée commémorative. Leur mobilisation a également illustré l’attachement des communautés à la transmission de leur histoire et à la préservation de leur patrimoine culturel.

Au terme de son intervention, le représentant du Premier ministre a adressé les félicitations et la reconnaissance du Gouvernement aux acteurs ayant contribué à l’organisation de cette commémoration, notamment Sa Majesté le Dîma de Boussouma, l’Association Académie Royale Kéoogo de Boussouma, le Kombéré Naaba Seebdo de Mané, les chefs de canton, les chefs de village ainsi que les équipes techniques du ministère en charge de la Culture.
À travers cette célébration du 130e anniversaire de la bataille de Kiidiga, les autorités entendent inscrire davantage les hauts lieux de la résistance anticoloniale dans la mémoire collective nationale. Un devoir de mémoire qui invite les jeunes générations à connaître leur histoire, à préserver l’héritage de leurs ancêtres et à contribuer à la construction d’un Burkina Faso uni, résilient et souverain.
Issaka DIALLO/ Cercle Info.Net
