

Ouagadougou, 12 juin 2026 (Cercleinfo.net) – Le Centre culturel et artistique Yaolēem-Nēeré (« Un lendemain meilleur ») a été officiellement inauguré ce vendredi à Ouagadougou au cours d’une cérémonie riche en émotions et en témoignages. Porté par une association d’artistes plasticiens civils et militaires, ce nouvel espace se veut un cadre de création, de formation et d’accompagnement destiné à promouvoir l’art tout en contribuant à la résilience des blessés de guerre.

Pour le directeur du centre, l’Adjudant Ouedraogo Wendyam Abdou Gassmane, cette initiative est née de la volonté d’artistes engagés de mettre leur savoir-faire au service de la reconstruction physique et psychologique des combattants blessés. Selon lui, le centre ambitionne d’offrir aux jeunes, aux artistes émergents et aux passionnés d’art un espace d’expression, d’apprentissage et de professionnalisation.
Parmi les activités prévues figurent des ateliers de formation, des camps de vacances en dessin, peinture et modelage, des espaces de lecture et de recherche, une bibliothèque, une mini-galerie d’exposition ainsi que des résidences d’artistes. Le promoteur a particulièrement mis en avant l’initiative « Ateliers des héros », déjà expérimentée avec succès auprès des blessés de guerre. Ce programme a permis à plusieurs soldats de retrouver confiance en eux à travers la pratique artistique.

Représentant le ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, Kaoun Nestor, chargé de mission, a salué une initiative porteuse de sens. Selon lui, l’art est un puissant vecteur de transformation sociale, de cohésion et de résilience. Il a souligné que depuis les premières activités menées par les promoteurs, son département ministériel s’est tenu à leurs côtés en raison de la pertinence du projet. Pour lui, les œuvres exposées traduisent un message fort d’espérance et démontrent que la culture peut contribuer efficacement à la reconstruction des individus et au renforcement du vivre-ensemble. Il a assuré que le ministère restera disponible pour accompagner toute action allant dans cette dynamique.

Même son de cloche du côté du ministère de la Défense patriotique. Représentant le ministre d’État, ministre de la Guerre et de la Défense patriotique, le Magistrat Colonel-Major Norbert Koudougou, Directeur central des affaires juridiques et du contentieux, a exprimé sa reconnaissance à l’ensemble des acteurs ayant contribué à la réalisation du projet. Il a qualifié le centre de véritable « joyau » dont peuvent être fières les Forces armées nationales et toute la population burkinabè. Pour lui, au-delà des combats menés sur le terrain, il est essentiel d’accompagner les soldats blessés afin qu’ils puissent continuer à s’épanouir et à apporter leur contribution à la société. Il a également encouragé les initiateurs à poursuivre leurs efforts afin d’assurer la pérennité de cette œuvre.

Très ému, le Caporal Ives Roland Kouanda, blessé de guerre, a témoigné de l’importance de cette initiative pour les militaires victimes de blessures en opération. Selon lui, le centre permet aux bénéficiaires d’apprendre de nouvelles compétences, de retrouver le moral et de comprendre qu’ils demeurent utiles au sein de l’armée malgré leurs séquelles. Il a remercié le commandement militaire, les encadreurs, les partenaires ainsi que toutes les personnes mobilisées pour soutenir les blessés de guerre. « Nous ne devons pas penser qu’on nous a laissés. Nous sommes toujours utiles au sein de l’armée », a-t-il affirmé.

La cérémonie a également été marquée par une vente aux enchères d’une œuvre réalisée au sein du centre. Le tableau a trouvé acquéreur pour la somme de 300 000 francs CFA, illustrant l’intérêt porté aux créations des artistes. Les invités ont par ailleurs effectué une visite guidée des différents espaces du centre, découvrant les salles de formation, la bibliothèque, la galerie et les ateliers de création.
À travers Yaolēem-Nēeré, ses promoteurs entendent faire de l’art un instrument de guérison, d’inclusion sociale et d’espoir pour un « lendemain meilleur » au profit des blessés de guerre, des artistes et de l’ensemble de la jeunesse burkinabè.
Issaka DIALLO/Cercle info.net
