After_Work_du_Taft_Week : focus sur les deepfakes et la riposte citoyenne à Ouagadougou

Ouagadougou, 14 avril 2026-(Cercleinfo.net), le siège de l’ABB a accueilli ce mardi, un After Work du Taft Week consacré à un enjeu devenu majeur dans le monde du numérique burkinabè : les deepfakes et la désinformation. Organisée avec l’appui de l’Association des blogueurs du Burkina, cette rencontre a réuni en présentiel et en ligne plusieurs acteurs du numérique, journalistes, étudiants et citoyens engagés.

Au cœur des échanges, le paneliste Cryspin Laoundiki, journaliste et formateur en fact-checking, a planté le décor en mettant en lumière la montée en puissance des internautes au Burkina Faso. Une évolution qui, selon lui, expose davantage les populations à une avalanche d’informations, dont une part importante de contenus manipulés.

« Aujourd’hui, avec l’essor de l’intelligence artificielle, les deepfakes – ces audios et vidéos falsifiés – sont devenus des outils de manipulation de l’opinion », a-t-il expliqué. Face à ce phénomène, il a insisté sur la nécessité d’adopter des réflexes simples mais essentiels pour détecter les contenus trompeurs.

Parmi ces réflexes, vérifier la cohérence entre les paroles et les mouvements dans une vidéo, analyser la tonalité d’une voix potentiellement robotisée, ou encore identifier la source de diffusion. « Une information trop choquante ou trop belle pour être vraie doit immédiatement susciter le doute », a-t-il martelé, appelant à un développement systématique de l’esprit critique.

Au-delà de la détection, la question de la riposte citoyenne a occupé une place centrale dans les discussions. Pour Cryspin Laoundiki, la solution passe par l’éducation aux médias et à l’information, la promotion de sources fiables et la responsabilisation des utilisateurs des réseaux sociaux.

Gabriel Kambou, président du conseil d’administration de l’Association des blogueurs du Burkina, a inscrit cette initiative dans la continuité des actions menées par son organisation depuis 2017. « Notre combat est de construire un espace numérique sain et apaisé », a-t-il affirmé, soulignant les dangers que représentent les deepfakes dans un contexte national déjà sensible.

Il a particulièrement insisté sur la nécessité de vulgariser ces connaissances auprès des populations les plus vulnérables, notamment en milieu rural. « Il est essentiel que les participants deviennent des relais, capables de sensibiliser et d’aider à détecter les fausses informations », a-t-il indiqué.

Cette session a mobilisé une trentaine de participants en présentiel, avec une audience élargie en ligne à travers le pays et au-delà. Une dynamique que les organisateurs entendent renforcer dans les mois à venir.

Au titre des perspectives, plusieurs activités sont annoncées pour 2026, notamment des conférences et panels dans les établissements scolaires, des formations destinées aux webacteurs (influenceurs, blogueurs, journalistes), ainsi qu’un colloque national sur le numérique prévu en septembre pour clôturer le projet de sensibilisation.

Ce programme est soutenu par International Media Support (IMS), partenaire de l’association depuis 2022, dans le cadre d’un consortium d’organisations engagées pour un usage responsable du numérique au Burkina Faso.

À travers cet After Work, les initiateurs réaffirment leur volonté de faire du citoyen burkinabè un acteur éclairé du numérique, capable de faire face aux défis de la désinformation et de contribuer à la préservation de la cohésion sociale.

Cercle Info.Net

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